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La rapidité est utile et l‘inertie pénible
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Ce que je suis
Un mec avec un chromosome Y et un chromosome X, venu sur cette planète par hasard, pas vraiment attendu ni désiré il y a un demi siècle. Hétéro de conviction, et pour être en accord avec mon ADN qui ne saurait supporter un schisme pareil. Ma personnalité est un curieux mélange entre Shrek et le Dr House, je peux dire que je ne laisse pas indifférent, soit on m‘apprécie beaucoup ou bien on me déteste cordialement. En principe cela ne va jamais jusqu‘à l‘utilisation d‘arme à feu, enfin en principe... Je comprends mais n‘acquiesce pas ce fait du chef, mais je ne suis pas surpris de cette situation.

Étant insupportable, absolument pas indispensable, pas du tout condescendant et peu complaisant, ma verve éloquente n‘a de commun que le tranchant du cisels qui coupe la dentelle ou l‘échoppe du Joaillier qui décapite la griffe pour dessertir un diamant.

Ce que j‘aime en premier c‘est la vie, puis vient ensuite la musique, l‘humour, les films, les livres enfin surtout ce qu‘ils contiennent, le piano et ma voisine de palier. Alors maintenant il faut que j‘avoue une chose, cela me dérange un peu, je n‘ai pas de voisine de palier... Mais fébrilement j‘en rêve... une très belle voisine 96 72 96... hôtesse de l‘air avec des absences insupportables... où je guette sa venue derrière mon judas qui n‘est pas d‘Iscariote mais de ma porte.

Pour en revenir aux mensurations de ma voisine de palier, que j‘aimerais avoir, mais que je n‘ai pas, cela je pense que tout le monde peut le comprendre. Et bien ces mensurations, il faut qu‘elles soient, c‘est impératif, indubitable et primordial, divisibles par 2 par 8 ou bien 16, cela ne peut être autrement, je suis informaticien et ce qui n‘est pas en base binaire, hexadécimale et sexagésimale me perturbe beaucoup, surtout chez la femme.

Bon et bien voilà, si après la lecture de ces quelques lignes vous avez cerné ma personnalité, c‘est que vous êtes imbécile, mais que vous savez lire ! Et « Quand le sage montre les étoiles, l‘imbécile regarde le doigt. » Proverbe chinois. Comme disait Pierre Desproges « Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d‘entraînement, on peut arriver à en faire des militaires. »
Ce que je ne suis pas
Pour enfoncer le clou, un charpentier, je ne suis pas beau et con à la fois, ni séparément d‘ailleurs, un grand sportif, un jeune cadre dynamique, auquel toute assistante confirmée sur traitement de texte ne résiste pas. Bien que j‘eus régulièrement ce type d‘hominidé comme subordonné de la gent masculine, qui en théorie fait partie du genre homo sapiens sapiens, mais qui pour la plupart de ceux que j‘ai rencontré, ne sont que sapiens et semblaient très décérébrés au plus profond d‘eux-mêmes, d‘avoir perdu de façon récurrente la seconde partie du genre, compensé uniquement par leur cerveau reptilien.

Je ne suis pas non plus un crapaud de bénitier, comme mon voisin du dessous qui a la foi, qui est très croyant et horriblement malheureux de ne pas pouvoir me prouver que Dieu existe. Encore moins un politicien véreux, narcissique, égocentrique, cupide, stupide avec un esprit aussi ouvert qu‘une postière du Puy de Dôme, vénérant son ancien Président puis Député dépité, un jour de grève défendant la retraite des pauvres fonctionnaires, sous l‘égide de la bannière d‘un syndicat ouvrier plus conservateur-chrétien que judéo.

Mais alors pas du tout homosexuel comme il n‘y en a pas dans mon immeuble, dont cette conduite morale et génitale codifiée par la société est des plus regrettables et attristantes pour la reproduction humaine et l‘avenir de la béatitude condescendante maternelle et paternelle envers un amas de cellules que je qualifierai de larvaire. Puisqu‘il faut un temps non négligeable, plus ou moins long selon les êtres, pour que toute progéniture de notre espèce puisse tenir un discours autre que gazouillis-baveux, avec une esquisse de propos non dénué de sens. Il est rassurant de savoir que Socrate, Aristote, Pythagore, Maria Sklodowska (Marie Curie) et moi-même, ainsi que toute l‘humanité passent par cet intemporel moment peu reluisant de notre existence.

Si par bonheur pour moi, vous lisez ce dernier paragraphe, c‘est que vous êtes dans état de solitude extrême et que vous n‘avez rien de mieux à faire, ce qui doit être désespérant et que la concupiscence en latin concupiscentia vous guette. Mais vous avez appris que mon voisinage est respectable et possède un esprit de conformisme que je déteste. Car sans le respect des différences identitaires, raciales, sexuelles, sociales et autres, il n‘y a point de respect de l‘être humain, tous égaux, mais tous différents. En un mot, le droit à l‘indifférence de la différence !
Obsession féminine en propos
Je réponds « Non » à la trop fréquente question de mon endémique envie de déménager, mon immeuble est sélect, on est deux par palier et j‘occupe les trois quarts du dernier étage. En le narrant sans trop en conter, pour des raisons de salut psychique, voilà comment j‘ai fait connaissance de ma voisine imaginaire hôtesse de l‘air, dont la promiscuité sans prophylaxie dans l‘échange de nos fluides corporels respectifs ne saurait me déplaire.

D‘abord, il faut comprendre le mécanisme intellectuel du stimuli masculin traitant le sens de certains mots comme, indulgence, qui est inversement proportionnel au désir de culbuter l‘interlocutrice avec qui il converse, ayant à ces moments pour seul dictionnaire le Kama Sutra dont l‘index alphabétique possède une relative pauvreté de définitions linguistiques de mots. Par principe grâce aux gènes masculins la sémantique du vocable évolue avec sa maturité ou son immaturité de reproduction, c‘est peut-être la raison fondamentale de l‘âge de nos Académiciens qui pour parachever une correcte définition de mot doivent détenir un androgène de Stéroïde au repos, pas trop exalté ou encore exacerbé pour une compréhension du vocabulaire courant. Donc plus la femme est belle, plus l‘homme est indulgent, désolé mais ce n‘est qu‘un constat, certes peu affable, en pâtiront tout aussi femmes par nature de gentils petits laiderons.

Après ces mineures précisions sur le comportement masculin, un beau jour de pluie tropicale, mais géographiquement hexagonale, je pris l‘ascenseur avec ma voisine de palier au regard incendiaire, aux cheveux d‘amazone et aux mensurations congénitales forts attrayantes. Après les courtoisies d‘usages, météo oblige, m‘entretenant avec elle sur le désagrément apporté par la pratique à tire-d‘aile du cumulus farceur par son périlleux métier d‘hôtesse de l‘air. Je l‘écoutais avec passion, compatissant hypocritement de son émotion journalière de globe-trotter alimentaire, intérieurement m‘interrogeant secrètement sur la lettre de ses bonnets, puis elle me posa une question qui me fit atterrir de mes rêveries de bagatelles sur le tarmac des frivolités :

– Et vous, que faites-vous ?

Un bien ultime pour mon approche de son anatomie venait de se produire, je lui expliquais posément que j‘étais un Administrateur en Informatique, que je soignais les Machines et les Réseaux quand une Calgonite aiguë et foudroyante survenait en informatique, aussitôt dit, de suite elle me fit partager les souffrances de son portable sous Zindows de chez Micro Machin, que son Internet en box d‘assemblée non regroupée marchait en pointillés, que cela lui portait un sévère préjudice pour surfer sur les rouleaux de vagues d‘imbéciles sur un Site Web de Rencontre. Ce n‘est pas tout à fait en ces termes qu‘elle s‘exprima, mais mon indulgence lui était acquise par avance. Elle me demanda :

– Pouvez-vous faire quelque chose pour moi ?

Assurément je pouvais pour elle, bien faire quelque chose, en bon samaritain charitable avec ma prochaine, surtout désirable comme elle l‘était. Ayant eu de sa part un tendre sourire avec port de tête inclinée pour réponse, nous nous quittâmes en abandonnant notre discussion ascensionnelle du milieu d‘après-midi. De retour dans nos pénates respectives ayant refermé nos portes d‘entrées de concert, je m‘installais devant mon outil de travail préféré avec un curieux vague à l‘âme, je ne savais même pas le prénom de ma si jolie et charmante voisine, intolérable.

Après un laps de temps qui me parut relativement court, cela venait-il du fait que mon esprit monopolisé ne voyait plus correctement la dimension temps, bref on sonna à ma porte. Une apparition en négligé de soie se trouvait face à moi, elle était là devant mon huis, avec un regard d‘orpheline mêlé de colère balbutiant excuses et ignominies au sujet de son ordinateur, un brin d‘énervement se lisait dans ses magnifiques yeux verts. Si, il est des jours où Cupidon s‘en fout, ce jour il m‘avait dans le collimateur, ce traître de l‘archer. Je la fis entrer et lui demandai si elle voulait bien m‘exposer calmement sa petite problématique informatique devant un petit café. Elle accepta, rassurée sur mon intervention, honnêtement, j‘étais aux anges de la voir avec sa démarche aérienne et détendue chez moi où elle se promena pour faire le tour du propriétaire, après m‘avoir demandé si elle le pouvait. Découvrant ma pièce informatique de travail, elle s‘exclama :

– Wahou ! Vous en avez vous des ordinateurs ! Si vous faites marcher tous ces trucs, vous allez bien pouvoir arranger mon petit portable, non ?

Je lui répondis avec un petit sourire aux lèvres : « N‘ayez aucune crainte sur ce sujet. »

Nous commençâmes à faire plus ample connaissance, elle me sembla très intriguée par ma profession, j‘appris son prénom, Jessica, on résolut conjointement son urgence de courriel administratif sur mes machines, puis on s‘éclipsa chez elle ausculter ce petit portable récalcitrant, elle exhalait apaisement, sourire et soulagement. Bénissant les divinités mercantiles de l‘informatique par leur incompétence, je me retrouvais chez-elle, dans une vraie petite maison de poupée, décorée avec soin et très bon goût. Assez épaté par ses choix qui me semblaient à l‘opposé de ce qu‘elle montrait de sa personnalité, comme quoi les préjugés sont bien détestables. Sa petite bulle était délicate, ouatée et subtile, elle avait mis tout son coeur pour assembler et ranger son environnement, cela transpirait l‘attention et l‘application. Outre sa beauté naturelle, elle détenait un charme démesuré qui commençait son emprise sur moi du style « Dans l‘eau de la claire fontaine », songeur je m‘attelais à cette tâche pour moi auxiliaire, un petit audit de son portable qui était de surcroît tout neuf à ma grande surprise.

Sous couvert de légèreté, sans encombre avec son plus joli sourire, elle m‘avoua que l‘informatique n‘était pas sa tasse de thé, mais qu‘elle avait envie de savoir faire comme les autres et qu‘elle ne comprenait strictement rien aux histoires de connexion, de clé d‘authentification, que cela lui parlait aussi bien qu‘une petite Chinoise de Canton.

Elle m‘expliqua aussi avec une véhémente ferveur, que l‘insupportait le scriptural phrasé SMS sur Internet. Qu‘elle appréciait également qu‘un homme sache lire, écrire et surtout comprendre le Français.

– Vous ne pouvez pas savoir comme c‘est pratique et agréable pour communiquer !

Puis me dit-elle avec humour : « Est-ce bien raisonnable de confier une progéniture potentielle à un analphabète, je vous pose la question, moi j‘aimerais qu‘il soit capable d‘apprendre à lire et à écrire sans faute d‘orthographe à l‘enfant que je n‘aurais certainement jamais. »

– Cela me parait louable comme remarque, et vous, qu‘en pensez-vous ?

Même les femmes Touaregs dans le désert s‘acquittent de cette tâche en enseignant sur le sable l‘écriture à leurs enfants. Une évidence certaine abondait de son avis que nous avions en commun. Mon acquiescement lui parut salutaire, avec un regard de jeune juge en bois brut, elle maugréait contre les attardés du clavier et les abrutis de l‘encrier. Après l‘apparence incluant la voix, ce fait était à ses yeux rédhibitoire et le plus discriminant. Je me promis à moi-même de me racheter sans tarder tous les « Bled » de conjugaison et de grammaire ainsi que de changer tous mes dictionnaires, elle ne plaisantait pas avec la langue.

Le temps en sa présence se figeait, elle était très volubile, comblée et enchantée de voir sur l‘écran de son portable enfin Internet, après quelques vérifications d‘usage, je lui déclarais que c‘était terminé et qu‘il ne restait que les paramètres de ses boîtes e-mails à faire, si elle le désirait. Avec empressement, elle prit une chemise où était ordonné tout ce qui était relatif à son ordinateur et me tendit les papiers nécessaires. Voyant que j‘étais arrivé au bout de ma mission qui pour moi était d‘une extrême simplicité, elle me proposa de prendre un verre.

– J‘ai du très bon Bourgogne blanc, un Chablis, qui me vient de chez mes parents, est-ce que pour l‘apéritif vous aimez ?

Lui avouant que c‘était mon vin préféré pour l‘heure précédant un repas, elle m‘apporta la bouteille à déboucher. Dieu que cette femme me stupéfiait, je cheminais de surprise en étonnement, elle se dévoilait en faisant preuve d‘un caractère attachant, bien plus ange que démon, désirable étant un euphémisme, un être vrai, simple et authentique, acceptant sa personnalité, de surcroît vive d‘esprit, dont le déterminisme du message intrinsèque de la personne, inspire une histoire de cœur pour fusionner vers le firmament d‘un amour.

De fil en aiguille on tissa ensemble une complicité, assistée par quelques petits ballons de Chablis, nous nous appréciâmes mutuellement, j‘esquissais le désir de la possibilité de souper ensemble, elle ne s‘opposa pas à cette idée d‘être conviée avec moi autour d‘une table éclairée de chandelles, dont je garde en secret jalousement l‘adresse. Ébahi par la promptitude à se préparer, vêtue d‘un écrin de soie sauvage, plus belle qu‘Aphrodite, aux rênes d‘un attelage de nobles destriers mécaniques, avec grand plaisir, assurés de partager un rare moment d‘exception que la vie exulte, nous partîmes d‘une allure insouciante.
Épilogue
Dans les légendes anciennes, l‘histoire commence souvent au pied d‘un très vieil arbre. Adossés et protégés par son ombre, commence le voyage de récits fascinants qui nous projettent dans ces rêves de contrées sans limite. Au gré du souffle du vent, raisonne une voix qui murmure et transporte au-delà de son être. Le petit Prince de ce monde, les fées avec leur mythe, les lutins sous les feuillages pour épier les moqueries. Un monde de découverte, d‘aventure de l‘existence, prend alors tout son sens. Et tel le héros de mon destin, je remodèle les contours de mon univers et celui de ceux que j‘aime avec passion. Tout est possible, il est bon de rêver, alors laissons-nous porter pour continuer cette histoire.

Tous les possibles valent mieux qu‘un impossible.

Je pense dans un proche avenir soigner l‘intransitif et tous les temps passés, composer au plurielle, prendre beaucoup d‘égards avec le genre féminin, l‘accorder avec grande passion et conjuguer le conditionnel sans en avoir pesé avec ferveur toutes les conséquences que cela implique. Que mes propos fussent-ils futiles, ne puissent en aucun cas rendre cette femme inconnue marrie de mes anodines expressions intellectuelles.


Eric Douzet - Relecture et correction par Demoiselle Gabrielle


Définition
« composer au plurielle » est la forme concise et subjective de l‘expression « composer avec sa fémininité plurielle », synonyme de la pluralité féminine sui generis du caractère féminin.
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